Littérature : Amour Dans Une Vallée Enchantée – WANG Anyi

Cet article est écrit à la manière d’une fiche de lecture afin de vous faire découvrir ce livre et une auteur chinoise, mais aussi comment j’ai ressenti le livre.
Bonne lecture !
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Wang Anyi accorde énormément d’importance au fond dans ses œuvres, sur lequel se déroule ses histoires, aux dépens des sentiments et de la prise de conscience de ses protagonistes comme l’on va pouvoir le constater dans son roman « Amour dans une vallée Enchantée »
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Le roman de Wang Anyi nous conte l’histoire d’une jeune femme, de sa vie quotidienne et l’évènement qui la changera à jamais.
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Au début du roman l’on découvre une jeune femme, dans sa vie maritale ; elle n’a plus grande passion, ni découverte, ni surprise ou admiration. Elle et son mari se connaissent par cœur à tel point que leur vie en est devenue monotone, ils font les choses machinalement sans passion, ni envie. Leurs journées sont souvent mouvementées par les crises de cette dernière, elles n’ont souvent aucune raison d’être. Elle cherche seulement à communiquer, et cette colère indescriptible et irraisonnée n’est autre que tout ce qu’elle a trouvé pour avoir un peu d’attention, laissant les cris et les pleurs sortir à tout va ! Mais le mari en est las également. Seulement ni l’un ni l’autre n’a envie ni le courage de se reconstruire une vie car cette vie, cette maison qu’ils ont est un lieu qui les sécurise.
Lorsqu’elle n’est pas à la maison à faire ses devoirs maritaux, elle est au travail. Dans une maison d’édition ; ce lieu sera la source des changements dans sa vie.
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Le roman porte souvent nombre de métaphores et il donna au champ lexical de la nature une place de premier ordre dans la compréhension de l’histoire.
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Tout commença en automne, se rendant au travail, elle nous décrit ce qu’elle voie sur le chemin, tout semble triste, sans vie ou raison d’être ; c’est un reflet de ce qu’elle est au fond.  À la fin l’on verra que sa vision à changer elle redécouvre voir découvre ce même chemin, ce même environnement qu’elle a fréquenté si longtemps de manière coloré, vivant, nouveau et joyeux, même les feuilles d’automne tombés sur le sol ne semblent plus desséchées et mortes, mais coloré et lumineuse donnant vie au sol si sombre d’habitude, elle remarquera même les fleurs, les personnes qui y vivent … Mais qu’est-ce qui va changer sa vision ? Qu’est-ce qui en une dizaine de jours la changera ?
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Elle est là dans son bureau, elle lie les manuscrits de ces écrivains comme tous les jours ; son travail la passionne, mais il lui manque quelque chose. Un jour tandis que tout le bureau allait à la pause gymnastique, le rédacteur en chef lui dit : « Je propose que vous alliez au congrès de Lushan ! », ainsi ce colloque d’écrivain à plus de cent quatorze mille lis, si loin de chez elle, sera pour elle une chance, douze jours qui resteront à jamais dans sa mémoire, la transformera et changera sa vie ! C’est une opportunité unique pour elle, de rencontrer des écrivains reconnus, d’échanger, et surtout que ce soit elle qui fût choisi pour s’y rendre. Le soir elle rentrera chez elle, le cœur plus léger que d’habitude, mais le doute et l’angoisse également présents. Cinq jours plus tard, lui travaillant, elle restera au lit ce jour-ci sans travail, las, regardant le temps qui passe, le soir venue, elle lui chercha querelle de nouveau, ce dernier lui dit « en voilà assez, tu vas partir, je ne veux pas de scène. » ; elle se souviendra longtemps de ces mots et ils lui parviendront comme un présage ! Une fois dans le train, nombre de choses lui vinrent à l’esprit et elle se vit envahir d’une « étrange incertitude », tout en criant à son mari « arrête ! » ce dernier courant à tout va derrière le train, elle ressentit quelque chose à ce moment-là, les larmes envahirent ses yeux et son voyage commença !
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Le moment de la première rencontre avec l’écrivain qui changera sa vie n’aura rien de spectaculaire, tout se déroulera selon les règles de convenance, sans un mot, ni un regard bien éloquent et pour autant elle ressent un lien, un lien qui n’a pas de sens, pour le moment mais qui est bien réel !
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Une fois arrivée à Lushan, elle s’installe à la maison de repos, surplombant un lac ; cette dernière leur servira de logement durant toute la durée du voyage. Tandis que tous cherchent à obtenir un manuscrit, la jeune femme elle reste sereine car « une telle attitude est source de joie immense tant pour elle que pour autrui », allant sur la terrasse accompagnée de tous, ils observent les montagnes, ces montagnes qui joueront un rôle de médiateur mais aussi de lien d’union entre ces deux êtres, cet écrivain et la jeune femme, ils ne se rendent pas encore compte que ce brouillard dans la montagne viendra jusqu’à eux, les séparent, mais aussi en rassemblant certains, le moment dit se précise et tout parlent fort, ne se voient plus … mais elle, elle reste silencieuse de même que lui et ils le sentent, ne se voient pas mais se voient, ne se parlent pas mais leur silence est plein de sens …Ainsi débutent leurs relations. Elle entrevoit le signe d’un destin fixé depuis longtemps, « elle ne peut s’y dérober, elle n’en a d’ailleurs pas l’intention ». Viens le soir assise sur une chaise elle fixe la lumière au-dehors et sens son cœur se mêler à cette dernière, lui ressent la même chose tous deux échangent leur cœur, par cette lumière qui brille dans la nuit ; nombre d’autres évènements se produirons , durant le bal dansant sous la même horloge …
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Il est intéressant de souligner que cette relation jusque alors platonique, sera soulignée par le nom de chaque lieu qu’ils visiteront, tout d’abord la grotte des immortels, l’on sait que l’immortalité fût une vertue recherchée par tous les empereurs chinois, mais dans leur cas ils rechercheront l’immortalité des sentiments et émotions qui les unis. Cette grotte n’est autre qu’un passage pour rejoindre la vallée enchantée qui donna son nom au livre.
Pourquoi ce lieu-ci et pas un autre ?
Simplement car c’est en cette vallée que leur amour culminera, non pas de manière expressive comme on l’entend aujourd’hui, mais le tout dans la subtilité. L’homme reste toujours très mystérieux sans grands traits d’expression qui pourrait laisser deviner ses pensées, mais la jeune femme arrive en tout temps à les interpréter et c’est ceci qui crée ce lien, qui le concrétise. L’action banale qu’est le fait qu’il s’arrête pour fumer une cigarette, sera le point culminant de l’histoire ; au bord de cette falaise le vent soufflé fort et quels que soient les moyens qu’il emploie pour l’allumer, il n’y parvient pas, alors la jeune femme place à son tour ses deux mains pour protéger cette petite flamme et là elle a l’impression qu’il fusionne à travers cette dernière, que la flamme est le feu de leur amour. Ils se touchent paumes contre paumes puis « leurs regards se croisent à vingt centimètres à peine. Comme deux fils de soie voltigeant dans l’espace, leurs regards se touchent, se heurtent, se joignent, s’unissent, puis se mettent à tisser un filet. » Cette vallée restera dans leur cœur comme un souvenir du passé.
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Viens le temps consacré aux auteurs chacun parlent de leurs œuvres, il faut en conserver
chaque mot comme s’ils étaient chacun aussi précieux que leur vie, « cet instant est en contraste éclatant avec la banalité de sa vie et de son travail routinier » ; tout de ce voyage la change, elle est devenue calme soucieuse de l’image qu’elle pourrait donner à l’écrivain, elle prend le temps d’admirer la nature et les mots, son nouveau « moi » est apparu et ce dernier lui plaît, elle souhaite le conserver de tout cœur, car c’est ce « moi » qui la rapproche de l’écrivain et surtout des sentiments qu’elle n’a plus ressentis depuis des années dans son mariage terminé. Seulement, elle doute, « elle redoute à présent que l’épisode du matin dans  la vallée enchanté ne soit qu’une illusion, le fruit de son imagination. ».
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Un soir après plusieurs pas de danse, l’écrivain vint la voir et lui dit :  «il fait trop chaud dedans, il vaut mieux sortir faire quelques pas dehors, et nous verrons bien. » mais tous deux ayant peur de détruire quelque chose, ne parlent pas puis se mettant à parler de banalité, la montagne les contemple et les comprend, leur transmet pas le biais des arbres, des feuilles et du vent message, leur disant que le moment n’est pas encore venue. Le lendemain ils graviront un escalier de neuf cent cinquante-six marches afin de joindre la triple chute, nombre de choses arriveront durant le trajet.
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Trois chutes auront sens, tout d’abord la jeune femme cernée par ces montagnes dans  un vide profond, se sent comme si elle était tombée dans un puits la deuxième chute sera la chute de son nouveau « moi » lorsqu’elle devra à son tour se faire photographier près des cascades, elle se sentira faible et effrayée, mal à l’aise, ce qui va à l’encontre de ce qu’elle a montré jusque alors, mais c’est au retour exténué par le fait de ravir que l’écrivain lui prendra la main pour l’aider à monter, « main dans la main ils n’ont besoin de rien d’autre que de cette main qu’ils tiennent pour éprouver l’union parfaite de leur corps et de leurs esprits » ceci  mènera à la troisième chute qui sera le fait de tomber amoureux et de prendre conscience de la notion de « sentiment » concrétisé par ce baiser qu’il lui déposera sur le font une fois arriver au sommet. À la fin de la journée cachée par ce même brouillard qui les a unis en premiesr lieux ils trouvent enfin le moyen de se revoir, alors ils échangeront des mots pleins de sens « Grâce au ciel vous êtes venue à Lushan » et elle dira de même ; s’ensuivra la promesse de se voir une fois par an. Cependant tous deux ont conscience que l’amour reste aussi profond qu’en ce moment lorsqu’il n’est que rêve, illusion et souvenir mais qu’ils ne sont pas accomplis, et tous deux souhaitent conserver cet amour dans son paroxysme.
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Au bord du lac, seul, ils pensent à la séparation dans cinq jours, cela les obsède mais ils n’en parlent pas, à nouveau ils parlent de banalités, mais il lui demanda tout à coup après la journée passée à rien dire, pour tout dire, il lui demanda de l’épouser elle dit oui sachant très bien que tous deux ne le veulent pas en ce sens, c’est simplement l’accomplissement de leur amour par les mots, les seuls mots qui leur ont enfin permis d’exprimer leurs sentiments.
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Le temps du départ vit le jour, et la séparation se rapprochant de plus en plus leur faisait peur mais en même temps ils souhaitaient que ce brouillard recouvrant à nouveau la route prolonge leur bonheur d’un peu plus longtemps. Malgré ceci le temps adviendra et ils se sépareront sans un regard et sans un mot outre un mot, elle dira au revoir à tous sauf à lui et il fera de même. Dans le train elle se mit à regretter de ne pas avoir demandé à son mari de venir la chercher à la gare, car enfin elle comprit qu’elle était le pressentiment qu’elle eut le jour de son départ.
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Une fois de retour chez elle, elle trouva la maison dans un état pitoyable qui d’ordinaire l’aurait mis dans une rage folle. Mais elle réalisa la valeur du mot maison, que ce lieu était doux protecteur, bien que routinier, c’est ce qui la représentait, et elle découvrit un mot de son mari accompagné d’un plat, ainsi cela faisait deux jours qu’il l’attendait. Fatiguée elle alla ce coucher, son mari en rentrant ne voulut pas la réveillée, la voyant pour une fois si paisible dans son sommeil. Les jours suivants, elle souhaitait s’énerver contre son mari comme à son habitude cependant elle avait l’impression que le regard de l’écrivain la suivait, et ne voulant pas froisser l’image qu’elle lui donna jusque lors elle ne fit rien, ce qui ravi son mari. Elle  attendait une lettre de sa part mais rien ne vint ! Elle le voyait partout et tout reprenait vie ! Pendant des semaines ils vivaient à trois tous en étant deux, mais bientôt l’illusion que tout ceci se soit passé redevint illusion, et elle douta à nouveau si tout ceci avait bien eu lieu ou si ce n’était que le fruit de son imagination, les disputes reprirent de même que le reste de sa vie.
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Par un matin banal « elle songe brusquement qu’en réalité, il ne sait rien passé Il n’y a rien eu d’autre qu’une série de phrases qui, telle une prophétie, lui reviennent à l’esprit et s’imposent à son regard. Les voici :
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En voilà assez,
Tu vas partir,
Je ne veux pas de scène.
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Il fait trop chaud dedans,
Il vaut mieux sortir faire quelques pas dehors,
Et nous verrons bien.
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Allons,
C’est l’heure,
Il faut partir ! »
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Ces phrases en réalité résument tout, toute l’histoire de ce colloque à Lushan. Ainsi se termine l’histoire, d’une d’histoire qui n’a jamais commencé. Ce livre est plein de rapport à la nature, lié à l’Homme et à ces émotions, accompagnant tous les jours ces derniers dans leur vie, réel ou imaginaire peu importe. L’amour le plus beau est celui que l’on rêve, pas celui que l’ont accomplie, car il est toujours plus beau, plus parfait et profond dans notre esprit que dans la réalité. Mais après tout peu importe où l’on trouve le bonheur et ce qui nous permet de nous accepter et d’accepter notre vie du moment que l’on avance.
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